Né en 1963 à Malakoff, Paris
Sans-titre, de la série Dockers, pointe noire, Congo (2000)
Série sans titre (Congo, pointe noire, 15 photographies) (2009)


(à gauche) : Sans-titre, de la série Dockers, pointe noire, Congo, 2000, photographie tirage piézographique au charbon noir et blanc, 50 × 50 cm, Collection FRAC Réunion
(à droite) : Série sans titre (Congo, pointe noire, 15 photographies), 2009, photographie, noir et blanc,tirage au charbon noir et blanc, piézographe, 2009, 50 × 50 cm, Collection FRAC Réunion
David Damoison est né en 1963 à Malakoff. Originaire de la Martinique par son père, il s’est intéressé à l’espace caribéen et à la diaspora dès les débuts de ses recherches photographiques qu’il entreprend après des expériences en tant qu’assistant de plateau et de nombreuses collaborations avec la presse (Libération, l’Événement du Jeudi, Le Nouvel Observateur et Télérama). Extrêmement connu aux Antilles, le travail du photographe David Damoison interroge les identités créoles et se construit au gré de ses déplacements et rencontres. Il a parcouru de nombreux territoires de la Caraïbe comme Cuba, Haïti, la République Dominicaine, la Guadeloupe mais aussi la Martinique dont il est originaire et l’Afrique. Ce qu’il capte à ces différents endroits du monde ce sont avant tout des hommes et des femmes des communautés caribéennes ou de la diaspora en s’attachant à montrer
leurs conditions de vie. Si on peut inscrire son approche dans le sillage de la photographie humaniste par sa recherche d’altérité, ses images sont cependant à rebours des clichés. Le regard est porté vers les autres mais il est distancié. Et cette dialectique est ce qui façonne sa pratique. Ce qu’il veut c’est montrer le réel sans être dupe. La série des dockers prise au Congo est caractéristique de son travail en noir et blanc, le photographe capture les corps dans leur environnement et donne une importance aux visages. La qualité des images, (rendu et profondeur des noirs) est obtenu grâce à la piezographie, une technique d’impression à base d’encre composée de pigments au charbon. Ici, les dockers de la pointe noire affirment une présence forte qu’ils aient le visage découverts ou occultés. Ils émanent une dignité que les masques et la poudre du labeur ne parviennent pas à entacher.
Diana Madeleine, 2021