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Né.e à Pamplemousse, Maurice  Vit et travaille à Montréal, Canada 

« Water Lillies de la série Breaking the promise of tropical
emptiness: trans subjectivity in the postcard » (2019)

Photographie, tirage sur papier baryté mat, 112 x 75 cm, collection du Frac Réunion


Kama La Mackerel se présente ainsi : “né·e à Maurice, dans une famille métissée créole (afrodescendante) et tamoule, venant d’une lignée d’esclaves et de travailleur·es engagé·es. Ayant grandi à l’interstice de deux ethnies, deux religions et trois langues, et étant zom-fam (c’est-à-dire homme-femme ou transgenre), Kama occupe multiples espaces hybrides, voyageant à travers corps, cultures, territoires et langues, à la recherche d’un chez-soi propre à ses multiples identités.” De Maurice, vers l’Inde, l’artiste (mais aussi auteurice, traducteurice, educateurice culturel.le) est aujourd’hui actif.ve à Montréal. Ielle travaille à une démarche nourrie par l’amour, la reconnexion et la nécessité de guérison. Les trois photographies sont issues de la série intitulée Breaking the promise of tropical emptiness: trans subjectivity in the postcard (“Briser la promesse du vide tropical : la transsubjectivité dans la carte postale”). Kama La Mackerel a fondé la série photographique à partir d’un objet, à savoir la carte postale, qui est le véhicule de l’exotisme et du tourisme de masse par excellence. A partir aussi d’un constat : il est très rare qu’un.e humain.e apparaisse dans ces photographies destinées aux cartes postales. Cela renforce la dimension tropicale, fantasmagorique etc. Et lorsqu’un.e humain.e apparaît sur les cartes postales : qui voit-on ? qui choisit-on pour représenter les habitant.es de l’île ? Dans une perspective transdécoloniale, l’artiste décide de prendre cette place au sein de lieux remarquables touristiques à Maurice. Ielle explique : Kama La Mackerel se réapproprie cette esthétique en positionnant son corps queer et transgenre au premier plan de paysages stéréotypés de cartes postales. Ce faisant, ielle centre le sujet mauricien dans un discours visuel colonial qui a toujours effacé (littéralement « photoshopé ») les corps noirs et bruns de ses cadres. En plaçant son propre corps transgenre au centre du cadre, l’artiste met en avant la subjectivité mauricienne, queer, femme, non-conforme au genre, issue des marges de l’île, pour la positionner au centre du discours visuel orientaliste en tant que sujet politique pleinement réalisé, rompant ainsi la promesse du vide tropical.”