Le Jardin-Collection et la Maison Dussac sont ouverts au public du mercredi au vendredi de 9h à 17h, et le samedi de 14h à 18h.

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L’Être cosmique, floraison (2014)


 
Cette photo est issue d’un acte performatif dans lequel je me suis enterré afin de dégager l’empreinte de mon corps dans la terre. À un moment de ma pratique, je ressentis le besoin de « m’ajouter au monde pour matérialiser le vide de mon existence ».
 
Une fois cette empreinte en face de moi, son vide ne pouvait qu’appeler la vie, c’est un parfum lors d’une ballade nocturne qui me remplit les poumons et puis l’être.
 
Le lendemain je revenais voir cette liane en demandant à son propriétaire si je pouvais cueillir ses fleurs. Il accepta.
 
Je revins tapisser le fond de cette empreinte en y creusant un trou avec un bois d’allumette afin de pouvoir y glisser la tige de la fleur. Trois jours plus tard, le corps parfumé de vie se mit à exister avec incandescence. 
 
Je voulus pousser cette existence à un niveau supérieur, quel climax à la matière que celui de l’épreuve du feu. Je remplis alors ce vide de braises et laissai ce corps retrouver sa plénitude initiale.
 
Sanjeeyann Paléatchy
 

 

« Tout commence dans le jardin ». Depuis son enfance, Sanjeeyann Paléatchy est attentif au vivant. Dans le jardin familial, il observe les plantes, les arbres, les fleurs, la terre, les insectes, les oiseaux. Il est fasciné par la diversité, le développement, la cohabitation. Par la richesse plastique qui habite le monde végétal en particulier. Un monde qui réclame du temps, de l’attention, du soin, du silence.

Sanjeeyann Paléatchy a grandi entre deux religions, le catholicisme et l’hindouisme. Il a rapidement fait le choix de l’hindouisme en se rendant au temple. Les préceptes de l’hindouisme ont renforcé son attention vers le vivant. Dans le jardin, puis, un peu plus tard, dans la nature, il personnifie les plantes et les fleurs pour se fabriquer une véritable famille. Par la préparation et la mise en œuvre des cérémonies et des rituels hindouistes, il apprend la manipulation des fleurs pour la réalisation de bouquets, de guirlandes et autres compositions sacrées.

Très tôt, Sanjeeyann Paléatchy comprend la modestie de sa présence, les alliances trans-espèces et l’éthique du vivant. Sa compréhension du vivant le mène à la création de sculptures végétales qu’il met en scène de manière théâtrale. Les sculptures sont des totems, des figures protectrices, des gardien.nes. 

Julie Crenn