Pour des raisons techniques et de sécurité, la Maison du Frac, à Piton Saint-Leu, est fermée. Les expositions se déroulent hors les murs. Merci de votre attention.

la programmation

Stéphanie Brossard, Sans titre, 2013 Plus d'images Image 3 Image 4 Image 5 Image 6 Image 7 Image 8

L’intraitable beauté de nos vies sauvages
Exposition

dans les murs

Lieu

La Maison

1er mars 2020 au 17 janvier 2021

Horaires

mercredi, jeudi, samedi et dimanche de 14h à 18h
jeudi et vendredi sur réservation pour groupes et scolaires

Vernissage

29 février 2020, 18h

Documents à télécharger

livret péda l'intraitable beauté (787KB)

À partir du 1er mars 2020, Stéphanie Brossard investit la Maison du Frac de La Réunion avec un projet spécifiquement créé pour son île natale.

Intitulé L’intraitable beauté de nos vies sauvages, il constitue le récit à la fois réel et fantasmé d’une vie faite d’aller-retours entre le territoire insulaire des origines, son histoire et un continent européen pensé, non pas comme le passage obligé de l’épanouissement, mais comme une caisse de résonance des questionnements sur une/des identité(s) multiple(s), hybride(s) et mutante(s).

Ce n’est en effet qu’une fois éloignée de son île natale que l’artiste se replonge dans les souvenirs d’une enfance où la mémoire des sensations, des relations avec les êtres et les éléments de la nature, s’inscrit dans une confrontation sensible avec les perturbations naturelles qui rythment le quotidien des insulaires. Cyclones, éruptions et séismes constituent la clef de voûte d’une identité qui se construit au grès du chaos annoncé et des gestes répétés par les parents pour que la vie poursuive son cours. Une mère qui remplit inlassablement la baignoire pour y stocker l’eau potable, un père qui étudie la construction de la maison familiale afin que celle-ci résiste dans la catastrophe ; autant de manières de faire face qui se déploient à travers le monde des îles et des zones soumises aux risques naturels et que rappellent les pages — de l’autre côté du monde, en bordure de l’océan Atlantique — du célèbre Bois sauvage de Jesmyn Ward.

Dans les salles du FRAC pensées comme les pièces de la maison qu’il fut à l’origine, se construit un parcours où se mêlent l’intime et l’universel : la terre s’effondre d’une table d’hôtes au grès de l’activité sismique du monde, une baignoire se remplit à l’annonce des cyclones à venir, des pierres volcaniques envahissent le sol sur des planches mouvantes pour exposer le rapport de l’artiste ­— le nôtre — à l’espace et au temps dans des territoires naturels et fragiles où la beauté est aussi intraitable que la violence des éléments.

Autour, se déploient autant de photographies-paysages provenant de La Réunion, d’Afrique du Sud, de la Louisiane, des Alpes, de Paris ou d’Avignon, qui racontent l’exotisme, beau, séduisant, suspect, violent. Les animaux sauvages, les cascades, jungles et forêts, les paysages urbains post-industriels, jouxtent des installations faites de vêtements de pierres, de bijoux mimant les chaînes des esclaves ou de flacons de verre enfermant la vie des océans comme les parfums des maisons de luxe. Ils racontent la tension latente dans la relation qu’entretient l’individu avec un territoire créole auquel il se confronte. Ils rappellent l’agression première, l’acculturation forcée, la violence du déracinement. Mais dans un geste poétique fait d’appropriations savantes et de détournements sauvages, Stéphanie Brossard impose la déconstruction des récits communs, la créolisation des formes et des pensées, seule manière d’inventer l’identité et la culture à venir.

Telle est l’errance violente du poème[1].


Stéphane Ibars, commissaire


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[1]Édouard Glissant, Introduction à une poétique du divers, Gallimard, 1996, p. 71

Biographie de Stéphanie Brossard

Originaire de La Réunion, Stéphanie Brossard est née au Port en 1992. Elle explore à travers ses installations, photographies et vidéos, les pulsions du monde. En imaginant le chaos comme un élan positif, d’où de nouvelles possibilités émergent, l’artiste expose les limites et les contradictions d’une histoire à la fois singulière et globale. Les préoccupations de l’artiste passent souvent par le prisme des perturbations naturelles. Mobilité, frontière, créolisation, métissage sont mis en relation avec les mouvements du monde, séismes, éruptions, cyclones ou autres aléas climatiques et géologiques.
Son travail est exposé à La Collection Lambert en Avignon en 2016 dans l’exposition “Rêvez !”. Lauréate du Prix Yvon Lambert pour la jeune création, elle est de nouveau invitée à participer à “Rêvez #3 — Mémoires sauvées du vent” en 2019. Elle fait partie de la sélection du festival Parallèle pour l’exposition “La relève” à la Galerie HO, à Marseille. La même année elle est finaliste du concours Talents Contemporain de la Fondation Schneider.


https://www.stephaniebrossard.com/

Biographie de Stéphane Ibars

Après une formation en droit international et européen, Stéphane Ibars poursuit un cursus en histoire de l’art jusqu’à l’obtention d’un Master 2 Conservation, gestion et diffusion des œuvres d’art du XXème et XXIème siècle. Il intègre ensuite l’école de curateur du Magasin à Grenoble. Il rejoint très tôt l’équipe de la Collection Lambert à Avignon, dont il assure aujourd’hui la programmation artistique et culturelle et le commissariat des expositions. Parallèlement il poursuit une activité de curateur et de directeur artistique indépendant et enseigne l’histoire de l’art contemporain et de la contre-culture dans les universités de Montpellier, Nîmes et Avignon.


https://collectionlambert.com/

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